Le compte-rendu

Tribunal de Bordeaux : recel d’un vélo, le prévenu marocain condamné avec interdiction du territoire français

Jeudi 13 novembre, au Tribunal judiciaire, Youssef Marmouch était jugé en comparution immédiate pour deux infractions, dont le recel d’un vélo volé. C’est un contrôle de police qui a conduit à la mise en cause du marocain sans domicile fixe, entendu par l’intermédiaire d’un interprète.

Il est 16h20, dimanche 9 novembre, à Bordeaux. Sur son vélo le prévenu file à vive allure quand il manque de percuter une voiture de police. Les agents l’arrêtent aussitôt. Le deux-roues ressemble à un modèle déclaré volé quelques heures plus tôt, place des Capucins. Dans le box, le prévenu ne parle pas français : chaque phrase passe par l’interprète arabe. « C’est un ami qui me l’a prêté, deux minutes avant. Je devais aller à Carrefour », traduit le professionnel.

La fouille qui suit alourdit instantanément la situation. Dans son sac, les policiers trouvent un disque dur, une montre et un appareil photo. « Je les ai trouvés à la poubelle », répète-t-il, toujours par l’interprète. Mais l’accusé porte déjà un lourd passé judiciaire. Depuis 2023, il vit en France en dépit d’une obligation de quitter le territoire. Son casier mentionne deux vols cette même année, et un autre en 2024. En septembre 2025, il est condamné à cinq mois de prison pour violences conjugales sur la mère de son enfant. Depuis ce jugement, il a perdu l’autorité parentale et a interdiction de paraître à Bordeaux durant quatre mois.

Dans le box, Y. Marmouch baisse les yeux. Son « projet », dit-il, serait de retrouver sa femme et son fils. Le procureur doute fortement : selon lui, le prévenu « conteste maladroitement » et s’est « encore fait prendre la main dans le sac ». Il requiert six mois de prison ferme et cinq ans d’interdiction du territoire français. Maître Devienne, avocate de la défense, rappelle que son client nie tout vol, contrairement aux fois d’avant où celui-ci avait plaidé coupable. Et que le vélo a été rendu à son propriétaire, vélo dont : « Il ignorait son origine. »

Une vingtaine de minutes plus tard, le tribunal rend son verdict. L’individu est relaxé du vol, mais déclaré coupable de recel. Déjà condamné, il n’est plus éligible au sursis. Le président tranche : quatre mois de prison ferme et trois ans d’interdiction du territoire français. L’interprète souffle la décision au prévenu qui acquiesce en silence.

Auteur

vautierroma@gmail.com

Commentaires

décembre 5, 2025 à 3:29 pm

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